• Chorégraphies

    Les mots me parlent-ils ou est-ce moi qui leur parle?
    Ai-je quelque mot à dire ? Quelle drôle d'idée qu'écrire...
    Suis-je artiste des mots, passionnée par eux, emportée par eux ?
    Suis-je leur esclave, leur mime ?
    Je sais, de fait, composer quelques jolies choses, des choses bien courtes, des choses frivoles ou folles, sans conséquences.
    Mes mots n'ont pas de suite.

    Pourtant, mon rêve, ce n'est pas jouer avec les mots.
    Je rêve d'histoires plus que de mots. Je sais que tout s'y prête : le beau, le laid, l'inaudible et l'audible, le visible et ce qu'on ne peut lire qu'entre les lignes.
    Tout s'y prête ; tout est histoire en devenir, à raconter, à vivre, à revêtir.
    Si compliqué pourtant... bien plus que de faire quelques vers sur les maux ou les mots ; bien plus qu'un instant de folie.
    Une oeuvre : grande et qui se prête à tout, comme un tableau, comme une mélodie, et puis des mots, peut-être : tout à la fois.
    Magnifique et somptueuse, mais que dit-elle, que raconte-t-elle, ton oeuvre, ma grande ?
    Je ne raconte pas, je dresse des portraits : portraits de vous, de moi, d'un instantané immédiat, figé dans son propre pas de danse.
    Tourner, toujours tourner, retourner au même point. Ah oui ?
    Oui : une oeuvre, c'est comme une danse : à la fin, on retombe sur ses pas.

    Que font les mots, dès lors ?
    Les mots sont insensibles à la circularité, ils ouvrent, toujours plus, toujours plus d’innombrables portes, que plus rien ne peut refermer.
    Mais ils ne sont pas linéaires pour autant : sinueux plutôt, multiples et simples, anaphoriques, anachroniques (toujours) et peut-être un peu propres de leur figure, parfois.

    Une histoire, comme une valse, ne doit pas ouvrir plus de portes, pas tout de suite, progressivement : il y a un ordre, des pas, une chorégraphie à suivre et à projeter, à vivre, à délier, quelques passages secrets, et pour finir : un sens.
    Pas comme les mots qui vont dans tous les sens.
    Faudrait-il les brosser dans l'sens du poil ? Leur faire des révérences, des confidences, leur concéder des pas de danse ? Ou peut-on tout régler, s'approprier leurs jeux de mots, tournicoter leurs sorts sans emmêler notre pelote, pour finir par réaliser la tapisserie du siècle ? (tout est du siècle - même quand rien n'est daté)
    Ne sont-ce pas les mots qui la tissent ?
    Quelle est ma place, dans leurs chansons ?

     

    Une bonne amie m'a dit : "Tu es le chorégraphe".

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