• Fragments

    La petite fille face au miroir parle et parle sans cesse.

    Elle remue et remue les lèvres mais ce n’est pas pour faire du son, ne n’est pas pour entendre le son de sa voix, ce n’est pas pour s’écouter parler.

    La petite fille face au miroir se regarde parler. Elle s’hypnotise aux mouvements de sa petite bouche de petite fille hypnotisée.

     

     

    Elle dévore ses paroles des yeux.

    J'ai cassé le miroir une fois.
    Je casse mon reflet souvent... en millier de morceaux brillants. 

    Quand je peux en ramasser un, je le mets dans une boite à dents

  • « Tu es rien, tu n’es rien, tu es le vide, tu n’es plus rien.
    –Tu sais bien que c’est faux.
    –Alors quoi ? tu t’es endormi ?
    –Oui.
    –Quand te réveilleras-tu ?
    –J’attends l’aube.
    –Il fait jour, pourtant.
    –… tu sais bien que non.

    *

    –Il fait nuit noire et tu attends sous les étoiles le dirigeable de ton dragon-charmant.
    –Je suis sûr qu’il arrivera.
    –Il ne peut pas.
    –Il manque de choix. Je sais qu’il arrivera.

    –Et quand ?
    –Jamais.
    –… ?
    –C’est ça qui est bien vrai. C’est ce qui te plairait.
    –Pourquoi ça me plairait ?
    –Parce qu’il n’est pas toi.

    *

    –Qu’est-ce que je suis, moi ?
    –Mon rêve. Ou la réalité. L’un ou l’autre voué à disparaître quand le jour se lèvera.
    –…Nous verrons bien.
    –Le jour se lèvera. Demain.
    –Tu dis cela…
    –Tu ne sais pas que le soleil existe. Tu ne vis que la nuit.
    –Je ne vis que la nuit mais toi tu es le jour.
    –Je ne suis pas le jour.
    –Si. Sinon tu n’attendrais pas l’aube pour exister. Quelle aube, enfin ? viendra-t-elle bien demain ?
    –… Je verrai bien.
    –Je ne serai plus là.
    –Tu as peur que le rêve s’efface ? ou bien qu’il t’efface, toi ?
    –Je n’ai plus peur de rien.
    –Alors pourquoi… ?

    –Tu as dis qu’il ne viendrait pas, le chevalier-dragon.
    –Je suis le chevalier-dragon, et le dragon-charmant. Toi tu es ma princesse. Tu sais bien qu’il ne viendra pas.
    Que l’aube ne viendra pas.
    Que tout est déjà là.
    –Lors, n’attends pas le jour.


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  • Il n’y a pas de temps à perdre,

    Que de soleil sur tes longs cils !

    Que de sourires sous la pluie fine

    Et de chagrins abandonnés !

    De lendemains ensorcelés

    Des souvenirs vécus, créés.

    Il n’y a pas de temps qui perde

    Nos beaux jours pour les oublier

    Tout juste la brise qui sème

    Sur tes cheveux des fleurs dorées

    Et le bonheur dans le regard

    Illuminant les jours fêtés.

    Il n’y a pas de temps à perdre !

    Dans les innombrables hasards

    S’échouent les restes d’amitiés,

    De nos rires sous les pluies d’été.

    Non je n’ai pas le cœur à perdre

    Parmi le temps ou la poussière

    L’affection des personnes aimées

    Je les garderai toutes entières

    Au présent, futur et passé.

     

    à Aurélie.


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