• je tu il

    Brouillon.
    Brouillons les pistes.
    Une pirouette et une virevolte.
    Il danse et je- et tu- et elle s’affole.
    Et qui ? Et Qui, dis-moi, de qui est-ce que je parle ?
    Qu’est-ce que j’en sais moi-même, et qui est ce moi dont tout le monde m’adresse une parole ? 

    Qui es-tu-nous-vous-ils
    Et…
    Non je m’égare.

    Reprenons au départ.

    Il y a des mots comme ça qui ne renvoient plus à personne.
    Je fais de la littérature, oui-oui madame, c’est vrai monsieur.
    Je fais de la littérature et personne ne comprend plus rien.
    Non-non, n’essayez pas ! Vous ne comprenez pas.

    Je suis si prétentieuse.
    Mais qui est ce « je » dont je parle ?
    Elle a un nom seulement ?
    C’est un personnage de papier, elle change d’avis, d’humeur, de nom… elle change de tout du tout au tout et recommence à nous prendre la tête.

    Qui est-ce « tu », dis-moi ?
    Est-ce que tu peux répondre ?
    Tu es un peu fainéant je crois !
    Embrouillons-nous.
    Je brouille, j’embrouille, je fais des nœuds, des œufs, des caisses et des charrettes placées avant les bœufs.

     

    Non vous ne comprenez pas, non-non n’essayez pas.
    Je ne veux pas que vous me compreniez. Qui est ce « je » dis-moi ? Qui est ce « tu », c’est toi ? 

    Il danse et je- et tu- et elle s’affole.
    Il danse le mot savamment sur la feuille, danse la musique dans les airs et le stylo comme une abeille sur le papier de soie.

     

    Qui veut, qui sait, qui peut ? 

    Ça m’est égal.
    Je suis il, elle et on.
    Je suis nous et je suis tu et vous.
    Il n’y a rien à dire de mes égards de langage, de mes écarts de pronom.
    Rien à dire, mais, vous le savez bien…
    En ce moment je tue le il. 

    Et je laisse aux savants le temps de conserver, d’en converser, de concerter et de rouler des yeux dans tous les sens.
    Je laisse à mes lecteurs le soin d’interpréter. Faites de « moi » ce que vous voulez. Soyez ce « tu », ce « il », ce « vous ». 

    C’est ce que j’aime. Peut-être pas le plus au monde.
    Mais c’est vraiment une chose que j’aime.

    Qui est ce « je », dis-moi, dont mon clavier parle souvent ? Qui est ce « tu » à qui j’adresse, bien trop souvent, la plupart de mes maladresses ? 

    Qui est-elle, celle qui parle vraiment ?
    Que dis-je ? Que faire ? Peut-on seulement saisir le traitre mot ?
    Les oreilles de la fée ont renoncé depuis longtemps à en comprendre les paroles.
    Ses yeux ne voient plus que des étoiles de couleurs.
    Il n’y a plus de forme.

    Un rien m’appelle.
    Je-tu-il-nous-vous-elles.
    Comme les étoiles sont belles. 

    On s’émerveille.
    D’un moindre mot.
    D’un traitre mot.

    D’un pronom qui n’en a pas un, de nom, mais des millions et des milliards. Comme des reflets dans le miroir.
    Car j’ai tué le il…
    C’est mon squelette dans le placard.

    « « L’existenciel »La Plume - Sirène »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :