• L'Année du Mexique, Jean-Marie Palach

    Métamorphoses, 10 petites histoires pour changer un peu, par le groupe INSA, aux éditions Chemin faisant, 2012.

    Un petit mot sur ce recueil, tout d’abord. Le Groupe INSA, Institut National des Sciences Appliquées, a décidé d’organiser un concours de nouvelles dont le but était « de faire participer l’ensemble du réseau et toute la communauté : élèves, anciens-élèves, personnels et retraités » des différents Instituts de recherche en sciences appliquées qui dépendent de ce groupe, soit pas moins de sept écoles. La première édition de ce concours, en 2009, a débouché sur la publication d’un recueil intitulé Insassinats : 10 petites histoires de génie criminel. En 2011, « année internationale de la chimie », le choix du thème s’est évidemment porté sur la métamorphose. Et, comme je me baladais dans un salon littéraire, je suis tombée sur ce petit recueil, d’un peu moins de deux cents pages, et son origine singulière.

    L'Année du Mexique, Jean-Marie Palach

    Comme j’aime les recueils de nouvelles, les histoires fantaisistes et les métamorphoses, mais aussi, et surtout, les initiatives qui ne tiennent pas compte des frontières, j’ai investi dix de mes petits euros dans ce recueil, et je ne le regrette pas. Car le plaisir de raconter ou bien d’écouter des histoires, il est universel. 

    Les dix nouvelles de ce recueil sont, dans l’ordre :

    La Légende de Brati le Slovaque, Olivier Reis

    Le Parapluie, Camille Duvin

    Le Caméléon de Jocaste, Hubert Charles

    L’année du Mexique, Jean-Marie Palach

    Une vie de papillon, Olivier Dehease

    Blues for Alice, Joël Gabrillagues

    Après-midi ordinaire en bord de mer, Véronique Rannou-Baret

    La Caresse, Bertrand Tondu

    Une main tendue, Jean-Pierre Lutz

    Composé NS-X128a34 version 23, Frédéric Coppée

     

    L'Année du Mexique, Jean-Marie Palach

    La quatrième nouvelle de ce recueil, intitulée l’Année du Mexique, de Jean-Marie Palach, raconte une histoire d’étincelle éteinte qui se rallume.

    Dans le cadre de la célébration de l’année du Mexique, tous les professeurs d’espagnol sont enjoints à se creuser la tête pour trouver des idées intéressantes à même de faire valoir leur Académie. Christophe, professeur habituellement discret, explique la situation à sa compagne.

    « […]

    -Qu’est-ce que tu en penses ? demanda timidement Christophe, après avoir fini son exposé.

    -Je ne sais pas. Qu’est-ce que tu pourrais faire avec tes élèves ? répondit Laurence sans grand entrain, en continuant son crochet, pour faire écho à son mari.

    -Eh bien, j’ai réfléchi toute l’après-midi. J’ai une idée.

    -Ah bon ? réagit l’épouse.

    Son mari ne l’avait pas habituée à avoir des idées et cela lui convenait très bien. Sa soudaine fulgurance l’intrigua. Elle lâcha son ouvrage pour le regarder.

    -C’est quoi, ton idée ?

    -Je pense proposer à mes élèves de jouer une pièce d’un grand auteur mexicain, Julio Jiménez Rueda, une œuvre magnifique, La Silueta de humo.

    -En espagnol ?

    -Oui, c’est tout l’intérêt pour eux. Mais je pourrais aussi demander à un groupe de la jouer en espagnol et à un autre groupe de la jouer en français, qu’en dis-tu ?

    Laurence piqua du nez sur son crochet. La flamme qui animait Christophe la gênait. Elle réprima son envie de le doucher, de le ramener à la dure réalité, de lui énumérer la liste des obstacles insurmontables qui ne manqueraient pas de surgir et d’entraver ses velléités puériles. […] »

    Après quelques pages de péripéties diverses, d’obstacles, d’enthousiasme et de désillusions, mais surtout de métamorphose, la nouvelle, dont je coupe volontairement les passages qui racontent les évènements, se termine sur ces mots merveilleux :

    « […]

    Ils venaient de comprendre qu’ils pouvaient résister aux tempêtes et traverser les tourments de l’existence autrement que claquemurés dans la prison qu’ils s’étaient construite.

    Ils venaient de comprendre que leurs lendemains seraient merveilleux s’ils cueillaient les fleurs qui leur étaient destinées.

    Et ils se mirent à rire, d’un rire joyeux, revigorant, énorme qui secoua les fenêtres et signifia au monde l’avènement d’un avenir radieux. »

     

    « la fille de papier et son coeurFemme sous le cerisier »
    Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :