• Métalangage

    Quand la feuille parle de la feuille... un crayon à la main.

  • Qu’est-ce que j’attends ?

    Comme quand tu étais là,

    La même chose

    Un peu de réconfort
    Une oreille attentive
    De la chaleur
    Et de la force

    Car même les filles de papier
    Ont froid
    Parfois

    Parce que je sais mieux que personne

    Que le dragon
    N’est qu’une fantasque illusion

    Que la magie
    C’est sur la feuille qu’elle agit

    Que la tempête
    Gronde et se déchaine dans ma tête

    Ce n’est que du papier,
    Mâché, plié, brulé
    Froissé, gribouillé
    Raturé, coloré

    Mais rien que du papier

    Et mon cœur,
    Où est-il ?

    Ce n’est que du papier,
    Bien sûr
    Mais pas de l’imagination

    Le dragon est réel
    La magie est réelle
    La tempête est réelle
    La fusion est réelle
    L’illusion est réelle
    Même moi, je suis réelle

    Mais mon cœur, où est-il ?

    Le sais-tu ?
    Pas moi
    Pas trop
    Peut-être
    Je l’oublie

    Parce que je suis
    Faite en papier
    J’ai besoin de colle
    De patience
    D’attention et d’amour
    Mais pas besoin de cœur.

    Pourtant il est là, quelque part
    Je l’ai perdu
    Peut-être dans le ciel ?
    Peut-être dans celui des autres ?
    Peut-être là-bas, abandonné dans la poussière ?
    Peut-être quelque part sous terre ?
    Peut-être dans le papier
    Collé,
    Englué quelque part
    Ou découpé en petits bouts,
    Qui sait ?

    Seul le papier le sait ?
    Je ne sais pas
    La fille de papier
    Au fond
    L’a bien caché

    Car on ne doit pas te le voler
    Même si tu l’égares

    On ne doit pas te le voler,
    Toi qui es moi,
    Et moi qui ne suis qu’en papier
    Jolie sculpture
    En attendant que tu reviennes
    Mon cœur.











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    Bon ce poème-histoire-dialogue est bizarre mais je suis tellement content d'écrire à nouveau que je le poste quand même. En gros, pour ceux qui n'ont pas compris, c'est l'histoire d'une fille en papier qui attend que son coeur revienne la réchauffer. Elle l'a probablement planqué quelque part, et comme elle est un peu solitaire et un peu folle (en même temps elle est en papier) elle se parle à elle-même (ou à son coeur qui n'est pas là, peu importe) et parle de sa condition et se demande où est son coeur, voilà. Parce qu'elle est étourdie donc elle ne sait même plus ce qu'elle en a fait, et probablement que si elle le retrouvait elle ne le reconnaitrait pas, puisque, comme je vous l'ai dit, elle est un peu perturbée (en même temps, elle est en papier, faut pas trop lui en demander)
    On peut disserter sur le fait que si ça se trouve elle n'a même pas véritablement de coeur mais juste un coeur fictif qu'elle s'est imaginé, ce qui est tout à fait possible, puisque vu qu'elle est en papier, ben, son coeur aussi en principe, et que le papier c'est le domaine de l'illusion, des contes, des fables et des fantasmes.
    Enfin je trouvais ça marrant de l'imaginer, cette fille de papier qui se parle à elle-même, parce que ça implique de réfléchir aux différents états du papier qui pour nous est un médium à la pensée et d'imaginer comment le papier lui-même pourrait penser. Mais oui j'ai des idées bizarres, si vous ne le saviez pas encore, maintenant c'est fait.

    Maintenant j'ai encore plus envie d'apprendre à faire du papier mâché pour la mettre en relief.

     


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  • Brouillon.
    Brouillons les pistes.
    Une pirouette et une virevolte.
    Il danse et je- et tu- et elle s’affole.
    Et qui ? Et Qui, dis-moi, de qui est-ce que je parle ?
    Qu’est-ce que j’en sais moi-même, et qui est ce moi dont tout le monde m’adresse une parole ? 

    Qui es-tu-nous-vous-ils
    Et…
    Non je m’égare.

    Reprenons au départ.

    Il y a des mots comme ça qui ne renvoient plus à personne.
    Je fais de la littérature, oui-oui madame, c’est vrai monsieur.
    Je fais de la littérature et personne ne comprend plus rien.
    Non-non, n’essayez pas ! Vous ne comprenez pas.

    Je suis si prétentieuse.
    Mais qui est ce « je » dont je parle ?
    Elle a un nom seulement ?
    C’est un personnage de papier, elle change d’avis, d’humeur, de nom… elle change de tout du tout au tout et recommence à nous prendre la tête.

    Qui est-ce « tu », dis-moi ?
    Est-ce que tu peux répondre ?
    Tu es un peu fainéant je crois !
    Embrouillons-nous.
    Je brouille, j’embrouille, je fais des nœuds, des œufs, des caisses et des charrettes placées avant les bœufs.

     

    Non vous ne comprenez pas, non-non n’essayez pas.
    Je ne veux pas que vous me compreniez. Qui est ce « je » dis-moi ? Qui est ce « tu », c’est toi ? 

    Il danse et je- et tu- et elle s’affole.
    Il danse le mot savamment sur la feuille, danse la musique dans les airs et le stylo comme une abeille sur le papier de soie.

     

    Qui veut, qui sait, qui peut ? 

    Ça m’est égal.
    Je suis il, elle et on.
    Je suis nous et je suis tu et vous.
    Il n’y a rien à dire de mes égards de langage, de mes écarts de pronom.
    Rien à dire, mais, vous le savez bien…
    En ce moment je tue le il. 

    Et je laisse aux savants le temps de conserver, d’en converser, de concerter et de rouler des yeux dans tous les sens.
    Je laisse à mes lecteurs le soin d’interpréter. Faites de « moi » ce que vous voulez. Soyez ce « tu », ce « il », ce « vous ». 

    C’est ce que j’aime. Peut-être pas le plus au monde.
    Mais c’est vraiment une chose que j’aime.

    Qui est ce « je », dis-moi, dont mon clavier parle souvent ? Qui est ce « tu » à qui j’adresse, bien trop souvent, la plupart de mes maladresses ? 

    Qui est-elle, celle qui parle vraiment ?
    Que dis-je ? Que faire ? Peut-on seulement saisir le traitre mot ?
    Les oreilles de la fée ont renoncé depuis longtemps à en comprendre les paroles.
    Ses yeux ne voient plus que des étoiles de couleurs.
    Il n’y a plus de forme.

    Un rien m’appelle.
    Je-tu-il-nous-vous-elles.
    Comme les étoiles sont belles. 

    On s’émerveille.
    D’un moindre mot.
    D’un traitre mot.

    D’un pronom qui n’en a pas un, de nom, mais des millions et des milliards. Comme des reflets dans le miroir.
    Car j’ai tué le il…
    C’est mon squelette dans le placard.


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  • Les mots me parlent-ils ou est-ce moi qui leur parle?
    Ai-je quelque mot à dire ? Quelle drôle d'idée qu'écrire...
    Suis-je artiste des mots, passionnée par eux, emportée par eux ?
    Suis-je leur esclave, leur mime ?
    Je sais, de fait, composer quelques jolies choses, des choses bien courtes, des choses frivoles ou folles, sans conséquences.
    Mes mots n'ont pas de suite.

    Pourtant, mon rêve, ce n'est pas jouer avec les mots.
    Je rêve d'histoires plus que de mots. Je sais que tout s'y prête : le beau, le laid, l'inaudible et l'audible, le visible et ce qu'on ne peut lire qu'entre les lignes.
    Tout s'y prête ; tout est histoire en devenir, à raconter, à vivre, à revêtir.
    Si compliqué pourtant... bien plus que de faire quelques vers sur les maux ou les mots ; bien plus qu'un instant de folie.
    Une oeuvre : grande et qui se prête à tout, comme un tableau, comme une mélodie, et puis des mots, peut-être : tout à la fois.
    Magnifique et somptueuse, mais que dit-elle, que raconte-t-elle, ton oeuvre, ma grande ?
    Je ne raconte pas, je dresse des portraits : portraits de vous, de moi, d'un instantané immédiat, figé dans son propre pas de danse.
    Tourner, toujours tourner, retourner au même point. Ah oui ?
    Oui : une oeuvre, c'est comme une danse : à la fin, on retombe sur ses pas.

    Que font les mots, dès lors ?
    Les mots sont insensibles à la circularité, ils ouvrent, toujours plus, toujours plus d’innombrables portes, que plus rien ne peut refermer.
    Mais ils ne sont pas linéaires pour autant : sinueux plutôt, multiples et simples, anaphoriques, anachroniques (toujours) et peut-être un peu propres de leur figure, parfois.

    Une histoire, comme une valse, ne doit pas ouvrir plus de portes, pas tout de suite, progressivement : il y a un ordre, des pas, une chorégraphie à suivre et à projeter, à vivre, à délier, quelques passages secrets, et pour finir : un sens.
    Pas comme les mots qui vont dans tous les sens.
    Faudrait-il les brosser dans l'sens du poil ? Leur faire des révérences, des confidences, leur concéder des pas de danse ? Ou peut-on tout régler, s'approprier leurs jeux de mots, tournicoter leurs sorts sans emmêler notre pelote, pour finir par réaliser la tapisserie du siècle ? (tout est du siècle - même quand rien n'est daté)
    Ne sont-ce pas les mots qui la tissent ?
    Quelle est ma place, dans leurs chansons ?

     

    Une bonne amie m'a dit : "Tu es le chorégraphe".


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  • Elle danse. Elle colore par ses mouvements fluides cette étendue immaculée. Rapide, agile. Ses trajectoires sont toujours sûres. Elle fait un bond, retombe en corole lumineuse, repart. Elle danse. Tout autour de la piste blanche. Elle la décore de sa présence. Puis elle s'eclispse; salue; s'en va. Seulement alors le regard se pose sur son oeuvre. Là on voit tout. Tous ces mouvements réunis. C'est un tableau. Et elle, c'est une main d'artiste.


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  • Écrivons, écrivons, jusqu’au bout de la plume, à s’en user les doigts.
    J’aimerais vous écrire des milliers de lignes, pour vous sortir du monde. J’aimerais transformer toutes ces pages blanches en fresques.

     

    Les mots les mots les mots. Ô qu’ils me manquent.
    Jouer, jouer avec les mots, à en perdre la tête et le sens de ces mots. Mot-objet.
    Double ou triple que je suis, accordons nous sur nos traîtres jeux de plume. 

     

    Et qui sait lire les mots ? Qui sait ce qui s’y trouve ? Qui sait trouver chacun de mes tracés de plume sur ce papier épais ? Oh je sais que ce n’est que de l’informatique. Mais c’est tellement plus beau, « tracés de plume sur ce papier épais ». Et puis ça fait beaucoup plus "artiste" d’avoir de l’encre sur les doigts. 


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