• "Regarde le ciel"

    Quand tout s’effondre. Chaos sans nom. Sol qui s’écroule. Pieu dans le cœur.
    Les ombres de la solitude, tourbillonnantes, m’entourent. Elles me murmurent des paroles de mort, des paroles de doute. Et j’entrevois l’horreur qui s’y cache.
    Je les écoute.
    Je les écoute et elles me parlent, elles tiraillent mon âme condamnée.
    C’en est assez ! Silence ! Donnez-moi le silence !
    Accablée je m’assieds, âme en peine et perdue dans ma propre douleur.
    Des marches. Un escalier dans un jardin. Tant de verdure autour de moi… Je ne vois rien. Je ne vois plus car mon cœur est enclos dans les ombres. Plus rien ne m’entoure que cette horreur suprème… Ce vide insensible qui m’écarte de tout.
    J’erre dans les ombres depuis cet escalier perdu, et mon regard erre alentour, cherchant un quelconque intérêt à ce chaos sans fin… sans but. Sans trâme et sans histoire. Petit papillon qui sécrase sur la chaussée sans avoir butiné de fleur.
    Flou mon regard au monde. Flou les arbres alentours. Une petite main sèche les yeux, et ils continuent leur cheminement incertain sur le vide qui m’entoure.
    Un mot, une arme, quoi que ce soit…
    Pour revenir du chaos. Ne pas sombrer, ne pas s’écraser au fond de ce gouffre…
    Quelque chose pour sauver mon âme… ?
    Le regard de l’enfant se perd, cherche, cherche un peu de salut.
    Dans la lumière du jour, blanche et fraiche comme un automne bien sec, les yeux s’émerveillent des arbres. Branches aux doigts levés vers le ciel.
    Le ciel…
    Une main verte se dévoile au milieu d’autres.
    Index levé, point fermé.
    « Regarde le ciel » semble dire cet arbre.
    Je regarde.
    Non, le ciel n’est pas vide.
    Regarde le ciel.
    Ce ne sont pas les dieux qui y vivent.
    Regarde le ciel.
    Les oiseaux, les nuages, ces éclaircies soudaines ou averses qui durent, durent et nous trempent et chassent les peines.
    Regarde le ciel.

    Pas de dieux dans le ciel, mais mon espoir.
    Pas de dieux dans le ciel, mais une nature sauvage.
    Pas de dieux dans le ciel, juste une croyance impie que des milliers de cœurs un jour y ont placés. 

    Depuis toutes ces années, je regarde le ciel. Je me suis levée de ces marches et suis retournée à la vie. J’ai pris les armes et pris la plume, j’ai gardé espoir en regardant le ciel.
    Il n’est jamais tombé, ce ciel.
    Il abrite tant de monde, ce ciel, qu’il ne peut pas tomber.
    Même s’il pleure, même s’il gronde, le ciel est toujours là.
    Tant que le ciel est là, je suis là, quelque part.
    Au dessus du chaos qui a suivi mes pas.

    Même cent mille lieues sous la terre, le ciel est là.
    Même lorsqu’il disparaît derrière des monceaux de poussière, même quand il n’y a plus rien, le ciel est là.

     

    Confidence d’une enfant qui n’avait plus que ça.

    « Après la pluie...Cascade »

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