• Sephoria

     

    Sephoria va courant sur les sentiers de perles. Elle ne sait.
    Le matin point, délitescent. Le soleil n’est que nuées violettes avant de devenir, astre rond, le lampadaire vibrant au firmament. Du firmament descendent des étoiles en larmes-météorites, qui s’écrasent sur l’atmosphère avant de le faire sur la canopée. Les arbres grognent. Y’a pas idée !
    Et Sephoria s’égare entre les hauts panneaux de signalisation, qui n’indiquent plus rien que mille directions à ne surtout pas suivre. Le vent chuchote dans les plumes de son chapeau. Mais elle ne sait.
    Brume est au nord, au sud, à l’ouest. Le chatouillis des champs de blé virevolte de boutons de fleurs que les abeilles transportent. Mais elle ne sait.

     

    Sephoria ne sait ; ne sait, Sephoria, ce que le vent réserve, ce que la pluie annonce, ce que les nuages noirs charrient dans leurs gouttelettes condensées en rhododendrons gigantesques et flottant. Ce que le vent annonce, Sephoria ; Ce que la pluie réserve, Sephoria ; ce que les nuages noirs emportent dans leurs voiles… Sephoria ne le sait pas.

     

    Sur les sentiers de perles s’égare Sephoria. Elle a dans les cheveux le vœu des blés, des chants. Elle a dans ses deux yeux un délavé : moment, où le mauve du ciel fait tempête. Le Bleu, tonitruant, turquoise, framboise, ardoise, s’éclate sur le sol et ravine et rigole, encore, encore plus et décolle chaque petit insecte crissant de son morceau de terre-maman ; moment où mère-nuage éructe sa froideur. Moment d’effroi, d’horreur.
    Sephoria, Sephoria ! Sephoria abrite-toi !