• Tango-souvenir

    Je te hais et je t’exaspère.
    Serons-nous
    Jamais
    En accord ?
    Accordons-nous des désaccords.
    Accorde-moi à tes accords
    Et je te laisserai
    Le bénéfique doute
    Des sons
    Désaccordés.

    Je rirai encore de toi
    Bien plus
    Qu’à gorge déployée. 

    Mais je serai toujours d’accord
    Pour te répondre
    Une fois
    Et plus.

    L’affinité
    Du mot qui fuse
    Pour réduire la longue distance
    Qui très tranquillement me tue.

    C’est un tango à manque de vue.
    Je t’aime et je te hais.
    Mais s’il te plait
    Ne reste pas
    Tout simplement de glace et las
    Comme ce morceau de bois
    Sculpté…
    Oui aime-moi
    Comme on aime une femme
    Pour moi
    Comme on aime le cuir de sa peau
    Et danser
    Avec elle
    Pour le feu qui brûle comme le miel.

    Mais tu ne sais que me haïr,
    Un peu plus,
    Ami abhorré.
    Oh tu ne sais que me maudire
    Mon haï
    Le plus
    Adoré.

    Je sais que tu ne danses pas
    Sous la morsure de mes pas
    Que tu préfères
    Quand la musique
    Grésille
    Vibrer comme la pierre.

    Tu ne sais pas comment je danse
    Tu oublies comment sont les sens
    Lorsqu’on est
    Une femme
    Le feu, la glace
    Et l’impatience
    Qui torturent nos âmes. 

    Alors je me joue à tes mots
    Je m’accorde à jouer de ta harpe
    Poursuivons le tango
    Ce lent tempo
    Qui se fracasse
    En quelques mots
    Que j’écris
    Comme je danse
    Sans ordre et sans mesure
    Pour t’aimer, te haïr,
    Et pour te contredire. 

    C’est comme ça que je t’aime
    Car il m’est impossible
    D’aimer de tout mon saoul
    Si je suis bien la seule
    À danser
    Comme une folle
    À aimer
    Éperdue
    À se perdre de vue. 

    Ton statique me tue.
    Trouve-toi une autre femme,
    Qui danse comme les flammes
    Sans changer de mesure,
    Sans s’éteindre

    Le contraire de moi
    Qui fissure les cœurs
    Qui danse sans mesure
    Comme le vent
    Comme la feuille qui s’évertue
    À tourner et à te quitter
    Pour le plaisir
    De voir un peu le monde
    Parce qu’elle ne t’aime pas
    Tant que la danse elle-même
    Et que la liberté
    Et le feu vivifiant
    D’un air
    Glacé
    Vivant
    Pour tournoyer encore.

    Je t’aime et je te hais.
    Je ne te quitte pas
    Je te lâche dans le vide
    Et veux te rattraper
    Comme si
    Toi aussi
    Tu pouvais me voler
    Le cœur tout entier
    Comme si tu pouvais en survivre
    Et rester
    Avec moi
    Me pardonner encore
    Me prendre dans tes bras.

    Comme si j’allais t’aimer
    Un jour,
    Comme tu le méritais.
    Je te hais et je t’aimerais
    Mon ami le plus abhorré
    Mon haï le plus adoré
    Si je pouvais
    En vérité
    En décider.

    « 19 septembreFlamenco »

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